• Poésies Printemps

    Je vous offre mes créations mais je vous demande de bien vouloir respecter mon travail en ne les modifiant pas et en y laissant ma signature. Je vous souhaite une bonne visite et au plaisir de vous lire

    Tubes Hommes création

  • DIVERS 7


    DIVERS 7

    Juin

    Les prés ont une odeur d’herbe verte et mouillée,
    Un frais soleil pénètre en l’épaisseur des bois,
    Toute chose étincelle, et la jeune feuillée
    Et les nids palpitants s’éveillent à la fois.

    Les cours d’eau diligents aux pentes des collines
    Ruissellent, clairs et gais, sur la mousse et le thym ;
    Ils chantent au milieu des buissons d’aubépines
    Avec le vent rieur et l’oiseau du matin.

    Les gazons sont tout pleins de voix harmonieuses,
    L’aube fait un tapis de perles aux sentiers,
    Et l’abeille, quittant les prochaines yeuses,
    Suspend son aile d’or aux pâles églantiers.

    Sous les saules ployants la vache lente et belle
    Paît dans l’herbe abondante au bord des tièdes eaux ;
    La joug n’a point encor courbé son cou rebelle,
    Une rose vapeur emplit ses blonds naseaux.

    Et par delà le fleuve aux deux rives fleuries
    Qui vers l’horizon bleu coule à travers les prés,
    Le taureau mugissant, roi fougueux des prairies,
    Hume l’air qui l’enivre, et bat ses flancs pourprés.

    La Terre rit, confuse, à la vierge pareille
    Qui d’un premier baiser frémit languissamment,
    Et son oeil est humide et sa joue est vermeille,
    Et son âme a senti les lèvres de l’amant.

    O rougeur, volupté de la Terre ravie !
    Frissonnements des bois, souffles mystérieux !
    Parfumez bien le coeur qui va goûter la vie,
    Trempez-le dans la paix et la fraîcheur des cieux !

    Assez tôt, tout baignés de larmes printanières,
    Par essaims éperdus ses songes envolés
    Iront brûler leur aile aux ardentes lumières
    Des étés sans ombrage et des désirs troublés.

    Alors inclinez-lui vos coupes de rosée,
    O fleurs de son Printemps, Aube de ses beaux jours !
    Et verse un flot de pourpre en son âme épuisée,
    Soleil, divin Soleil de ses jeunes amours !

    Charles Leconte de Lisle

     

     

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  • DIVERS 6

     


    DIVERS 6

    Les Soleils de Mai

    D’un souffle virginal le plus aimé des mois
    Emplit l’air ; le lilas aux troncs moussus des bois
    Suspend sa grappe parfumée ;
    Les oiseaux sont joyeux et chantent le soleil ;
    Tout sourit ; du printemps, tout fête le réveil :
    Toi seule es triste, ô bien-aimée !

    « Pourquoi ces yeux rêveurs et ce regard penché ?
    De quel secret ennui ton cœur est-il touché ?
    Qu’as-tu ma grande et pâle Amie,
    Qu’as-tu ? Vois ce beau ciel sourire et resplendir !
    Oh ! souris-moi ! Je sens mon cœur s’épanouir
    Avec la terre épanouie.

    « Sur le cours bleu des eaux, au flanc noir de la tour,
    Regarde ! l’hirondelle est déjà de retour.
    Ailes et feuilles sont décloses.
    C’est la saison des fleurs, c’est la saison des vers.
    C’est le temps où dans l’âme et dans les rameaux verts
    Fleurissent l’amour et les roses.

    « Soyons jeunes ! fêtons le beau printemps vainqueur !
    Quand on est triste, Amie, il fait nuit dans le cœur ;
    La joie est le soleil de l’âme !
    Oublions ce que l’homme et la vie ont d’amer !
    Je veux aimer pour vivre et vivre pour aimer,
    Pour vous aimer, ma noble Dame !

    « Loin de nous les soucis, belle aux cheveux bruns !
    Enivrons-nous de brise, et d’air et de parfums,
    Enivrons-nous de jeunes sèves !
    Sur leurs tiges cueillons les promesses des fleurs !
    Assez tôt reviendront l’hiver et ses rigueurs
    Flétrir nos roses et nos rêves ! »

    Et, tandis qu’il parlait, muette à ses côtés,
    Marchait la grande Amie aux regards veloutés ;
    Son front baigné de rêverie
    S’éclairait à sa voix d’un doux rayonnement ;
    Et, lumière de l’âme, un sourire charmant
    Flottait sur sa lèvre fleurie.

    Auguste Lacaussade, Poèmes et Paysages, 1897


     

     

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    Premier mai

    Tout conjugue le verbe aimer. Voici les roses.
    Je ne suis pas en train de parler d'autres choses.
    Premier mai ! l'amour gai, triste, brûlant, jaloux,
    Fait soupirer les bois, les nids, les fleurs, les loups ;
    L'arbre où j'ai, l'autre automne, écrit une devise,
    La redit pour son compte et croit qu'il l'improvise ;
    Les vieux antres pensifs, dont rit le geai moqueur,
    Clignent leurs gros sourcils et font la bouche en coeur ;
    L'atmosphère, embaumée et tendre, semble pleine
    Des déclarations qu'au Printemps fait la plaine,
    Et que l'herbe amoureuse adresse au ciel charmant.
    A chaque pas du jour dans le bleu firmament,
    La campagne éperdue, et toujours plus éprise,
    Prodigue les senteurs, et dans la tiède brise
    Envoie au renouveau ses baisers odorants ;
    Tous ses bouquets, azurs, carmins, pourpres, safrans,
    Dont l'haleine s'envole en murmurant : Je t'aime !
    Sur le ravin, l'étang, le pré, le sillon même,
    Font des taches partout de toutes les couleurs ;
    Et, donnant les parfums, elle a gardé les fleurs ;
    Comme si ses soupirs et ses tendres missives
    Au mois de mai, qui rit dans les branches lascives,
    Et tous les billets doux de son amour bavard,
    Avaient laissé leur trace aux pages du buvard !
    Les oiseaux dans les bois, molles voix étouffées,
    Chantent des triolets et des rondeaux aux fées ;
    Tout semble confier à l'ombre un doux secret ;
    Tout aime, et tout l'avoue à voix basse ; on dirait
    Qu'au nord, au sud brûlant, au couchant, à l'aurore,
    La haie en fleur, le lierre et la source sonore,
    Les monts, les champs, les lacs et les chênes mouvants,
    Répètent un quatrain fait par les quatre vents.
    Victor HUGO (1802-1885)

     

     

     

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