• Poésies Eté

    Je vous offre mes créations mais je vous demande de bien vouloir respecter mon travail en ne les modifiant pas et en y laissant ma signature. Je vous souhaite une bonne visite et au plaisir de vous lire

    Tubes Hommes création

  • ETE 5


    ETE 5

    Gaieté

    Petit piqueton de Mareuil,
    Plus clairet qu’un vin d’Argenteuil,
    Que ta saveur est souveraine !
    Les Romains ne t’ont pas compris
    Lorsqu’habitant l’ancien Paris
    Ils te préféraient le Surène.

    Ta liqueur rose, ô joli vin !
    Semble faite du sang divin
    De quelque nymphe bocagère ;
    Tu perles au bord désiré
    D’un verre à côtes, coloré
    Par les teintes de la fougère.

    Tu me guéris pendant l’été
    De la soif qu’un vin plus vanté
    M’avait laissé depuis la veille ;
    Ton goût suret, mais doux aussi,
    Happant mon palais épaissi,
    Me rafraîchit quand je m’éveille.

    Eh quoi ! si gai dès le matin,
    Je foule d’un pied incertain
    Le sentier où verdit ton pampre !…
    – Et je n’ai pas de Richelet
    Pour finir ce docte couplet…
    Et trouver une rime en ampre.

    Gérard de Nerval

     

     

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  • ETE 4

     

    ETE 4

    Dans le jardin

    La jeune dame qui marche sur la pelouse
    Devant l’été paré de pommes et d’appas,
    Quand des heures Midi comblé jette les douze,
    Dans cette plénitude arrêtant ses beaux pas,

    A dit un jour, tragique abandonnée – épouse –
    A la Mort séduisant son Poëte : « Trépas !
    Tu mens. Ô vain climat nul ! je me sais jalouse
    Du faux Éden que, triste, il n’habitera pas. »

    Voilà pourquoi les fleurs profondes de la terre
    L’aiment avec silence et savoir et mystère,
    Tandis que dans leur coeur songe le pur pollen :

    Et lui, lorsque la brise, ivre de ces délices,
    Suspend encore un nom qui ravit les calices,
    A voix faible, parfois, appelle bas : Ellen !

    Stéphane Mallarmé

     

     

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  • ETE 3


    ETE 3

    Far-niente

    Quand je n’ai rien à faire, et qu’à peine un nuage
    Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage,
    J’aime à m’écouter vivre, et, libre de soucis,
    Loin des chemins poudreux, à demeurer assis
    Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse,
    Au bord des bois touffus où la chaleur s’émousse.
    Là, pour tuer le temps, j’observe la fourmi
    Qui, pensant au retour de l’hiver ennemi,
    Pour son grenier dérobe un grain d’orge à la gerbe,
    Le puceron qui grimpe et se pend au brin d’herbe,
    La chenille traînant ses anneaux veloutés,
    La limace baveuse aux sillons argentés,
    Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole.
    Ensuite je regarde, amusement frivole,
    La lumière brisant dans chacun de mes cils,
    Palissade opposée à ses rayons subtils,
    Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte
    En l’air, comme sur l’onde un vaisseau sans pilote ;
    Et lorsque je suis las je me laisse endormir,
    Au murmure de l’eau qu’un caillou fait gémir,
    Ou j’écoute chanter près de moi la fauvette,
    Et là-haut dans l’azur gazouiller l’alouette.

    Théophile Gautier, Premières Poésies

     

     

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