• Poésies Automne

    Je vous offre mes créations mais je vous demande de bien vouloir respecter mon travail en ne les modifiant pas et en y laissant ma signature. Je vous souhaite une bonne visite et au plaisir de vous lire

    Tubes Hommes création

  • Automne 12

    Automne 12

    Rumeur urbaine

    Soudain… Le brouillard
    les passants sont alors hagards.
    Sur la route bitumée
    ornée de peupliers
    on devine à peine le passage
    le sentier devient moins sûre
    un air d’automne dans les marrons mûrs

    Le trafic de la ville s’intensifie au loin
    obligations, ruminations,
    la ville s’affole,
    le temps s’emballe
    et la fraîcheur augurante de l’hiver blanc
    ne perturbe pas les pas des passants
    trépignent dans les klaxons
    s’engouffrent dans les stations
    en mouvement dans les rituels
    illusoirement éternels

    Alors mieux vaut être un ingénu
    Dans cette ville
    Où les saisons veillent
    Au grain, au dessein
    Enchanté. Pour qui le voit
    À travers la brume d’émoi.

    Nadia Ben Slima


     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    2 commentaires


  • Un village

    Des murs crépis, de pauvres toits,
    Un pont, un chemin de halage,
    Et le moulin qui fait sa croix
    De haut en bas, sur le village.

    Les appentis et les maisons
    S’échouent, ainsi que choses mortes.
    Le filet dort : et les poissons
    Sèchent, pendus au seuil des portes.

    Un chien sursaute en longs abois ;
    Des cris passent, lourds et funèbres ;
    Le menuisier coupe son bois,
    Presque à tâtons, dans les ténèbres.

    Tous les métiers à bruit discord
    Se sont lassés l’un après l’autre
    Derrière un mur, marmonne encor
    Un dernier bruit de patenôtres.

    Une pauvresse aux longues mains,
    Du bout de son bâton tâtonne
    De seuil en seuil, par les chemins ;
    Le soir se fait et c’est l’automne.

    Et puis viendra l’hiver osseux,
    Le maigre hiver expiatoire,
    Où les gens sont plus malchanceux
    Que les âmes en purgatoire.

    Emile Verhaeren, Toute la Flandre


     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    40 commentaires
  • Automne 10


     

    Automne 10

    Novembre

    Les grand’routes tracent des croix
    A l’infini, à travers bois ;
    Les grand’routes tracent des croix lointaines
    A l’infini, à travers plaines ;
    Les grand’routes tracent des croix
    Dans l’air livide et froid,
    Où voyagent les vents déchevelés
    A l’infini, par les allées.

    Arbres et vents pareils aux pèlerins,
    Arbres tristes et fous où l’orage s’accroche,
    Arbres pareils au défilé de tous les saints,
    Au défilé de tous les morts
    Au son des cloches,

    Arbres qui combattez au Nord
    Et vents qui déchirez le monde,
    Ô vos luttes et vos sanglots et vos remords
    Se débattant et s’engouffrant dans les âmes profondes !

    Voici novembre assis auprès de l’âtre,
    Avec ses maigres doigts chauffés au feu ;
    Oh ! tous ces morts là-bas, sans feu ni lieu,
    Oh ! tous ces vents cognant les murs opiniâtres
    Et repoussés et rejetés
    Vers l’inconnu, de tous côtés.

    Oh ! tous ces noms de saints semés en litanies,
    Tous ces arbres, là-bas,
    Ces vocables de saints dont la monotonie
    S’allonge infiniment dans la mémoire ;
    Oh ! tous ces bras invocatoires
    Tous ces rameaux éperdument tendus
    Vers on ne sait quel christ aux horizons pendu.

    Voici novembre en son manteau grisâtre
    Qui se blottit de peur au fond de l’âtre
    Et dont les yeux soudain regardent,
    Par les carreaux cassés de la croisée,
    Les vents et les arbres se convulser
    Dans l’étendue effarante et blafarde,

    Les saints, les morts, les arbres et le vent,
    Oh l’identique et affolant cortège
    Qui tourne et tourne, au long des soirs de neige ;
    Les saints, les morts, les arbres et le vent,
    Dites comme ils se confondent dans la mémoire
    Quand les marteaux battants
    A coups de bonds dans les bourdons,
    Écartèlent leur deuil aux horizons,
    Du haut des tours imprécatoires.

    Et novembre, près de l’âtre qui flambe,
    Allume, avec des mains d’espoir, la lampe
    Qui brûlera, combien de soirs, l’hiver ;
    Et novembre si humblement supplie et pleure
    Pour attendrir le coeur mécanique des heures !

    Mais au dehors, voici toujours le ciel, couleur de fer,
    Voici les vents, les saints, les morts
    Et la procession profonde
    Des arbres fous et des branchages tords
    Qui voyagent de l’un à l’autre bout du monde.
    Voici les grand’routes comme des croix
    A l’infini parmi les plaines
    Les grand’routes et puis leurs croix lointaines
    A l’infini, sur les vallons et dans les bois !

    Emile Verhaeren, Les vignes de ma muraille

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique