• Poésies Divers

    Je vous offre mes créations mais je vous demande de bien vouloir respecter mon travail en ne les modifiant pas et en y laissant ma signature. Je vous souhaite une bonne visite et au plaisir de vous lire

    Tubes Hommes création

  • PRINTEMPS 14

    PRINTEMPS 14

    Une louve

    Une louve je vis sous l’antre d’un rocher
    Allaitant deux bessons : je vis à sa mamelle
    Mignardement jouer cette couple jumelle,
    Et d’un col allongé la louve les lécher.

    Je la vis hors de là sa pâture chercher,
    Et courant par les champs, d’une fureur nouvelle
    Ensanglanter la dent et la patte cruelle
    Sur les menus troupeaux pour sa soif étancher.

    Je vis mille veneurs descendre des montagnes
    Qui bornent d’un côté les lombardes campagnes,
    Et vis de cent épieux lui donner dans le flanc.

    Je la vis de son long sur la plaine étendue,
    Poussant mille sanglots, se vautrer en son sang,
    Et dessus un vieux tronc la dépouille pendue.

    Joachim Du Bellay, Les antiquités de Rome

        

     

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  • PRINTEMPS 13

     

    PRINTEMPS 13

    Élan mystique

    Alors j’avais quinze ans. Au sein des nuits sans voiles,
    Je m’arrêtais pour voir voyager les étoiles
    Et contemplais trembler, à l’horizon lointain,
    Des flots où leur clarté jouait jusqu’au matin.
    Un immense besoin de divine harmonie
    M’entraînait malgré moi vers la sphère infinie,
    Tant il est vrai qu’ici cet autre astre immortel,
    L’âme, gravite aussi vers un centre éternel.

    Mais, tandis-que la nuit marchait au fond des cieux,
    Des pensers me venaient, graves, silencieux,
    D’avenir large et beau, de grande destinée,
    D’amour à naître encor, de mission donnée,
    Vague image, pour moi, pareille aux flots lointains
    De la brume où nageaient mes regards incertains.
    — Aujourd’hui tout est su ; la destinée austère
    N’a plus devant mes yeux d’ombre ni de mystère,
    Et la vie, avant même un lustre révolu,
    Garde à peine un feuillet qui n’ait pas été lu.
    Humble et fragile enfant, cachant en moi ma flamme,
    J’ai tout interrogé dans les choses de l’âme.
    L’amour, d’abord. Jamais, le cœur endolori,
    Je n’ai dit ce beau nom sans en avoir souri.

    Puis j’ai soudé la gloire, autre rêve enchanté,
    Dans l’être d’un moment instinct d’éternité !
    Mais pour moi sur la terre, où l’âme s’est ternie,
    Tout s’imprégnait d’un goût d’amertume infinie.
    Alors, vers le Seigneur me retournant d’effroi,
    Comme un enfant en pleurs, j’osai crier : « Prends-moi !
    Prends-moi, car j’ai besoin, par delà toute chose,
    D’un grand et saint espoir où mon cœur se repose,
    D’une idée où mon âme, à qui l’avenir ment,
    S’enferme et trouve enfin un terme à son tourment. »
    Paris, 1832.

    Louise Ackermann, Premières poésies, 1871

     

     

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  • PRINTEMPS 12

     

    PRINTEMPS 12

    Les Oiseaux

    Enfants des airs, heureux oiseaux, lyres ailées,
    Qui passez si légers, si libres dans les champs ;
    Hôtes harmonieux des monts et des vallées,
    Qui dépensez vos jours dans la joie et les chants ;

    Poètes qui chantez en tous lieux, à toute heure,
    Ignorant les soucis dont l’homme est agité ;
    Qui, le soir, dans les bois trouvez une demeure,
    Et dans l’air, le matin, trouvez la liberté ;

    Rivaux heureux, rivaux aux chansons éternelles,
    Que je vous porte envie en vous suivant des yeux !
    Quand la terre a blessé vos pieds, ouvrant les ailes,
    Vous pouvez fuir du moins et monter vers les cieux.

    Vous prodiguant les biens dont la nature est pleine,
    Le sort vous livre tout sans lutte et sans combats ;
    Sans suspendre vos chants vous trouvez dans la plaine
    L’eau claire et l’épi mûr que nous n’y trouvons pas.

    Le ciel qui vous sourit est pour nous bien austère ;
    Il a courbé nos jours sous un bien lourd fardeau :
    Pour rafraîchir les fronts que la pensée altère,
    Les rameaux n’ont point d’ombre et les fleurs n’ont point d’eau.

    Chanteurs favorisés, ô voix pleines de charmes !
    Oui ! la terre vous aime, oui ! le sort vous est doux.
    Bénissez donc le ciel, oiseaux, gosiers sans larmes !
    Bénissez-le pour vous et priez-le pour nous !

    Priez Dieu qu’il nous fasse, après les jours contraires,
    Et des cieux plus cléments et des soleils meilleurs ;
    Priez Dieu pour qu’il donne aux poètes, vos frères,
    Un épi dans la plaine et de l’eau dans les fleurs.

    De l’oiseau vous avez, ami, la voix et l’aile ;
    Comme lui vous fuyez la terre pour le ciel.
    A l’idéal en vous le poète est fidèle :
    Vous aimez, vous chantez, cœur d’or, esprit sans fiel.

    Auguste Lacaussade, Poèmes et Paysages, 1897

     

     

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