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    La glycine est fanée et morte est l’aubépine

    La glycine est fanée et morte est l’aubépine ;
    Mais voici la saison de la bruyère en fleur
    Et par ce soir si calme et doux, le vent frôleur
    T’apporte les parfums de la pauvre Campine.

    Aime et respire-les, en songeant à son sort
    Sa terre est nue et rêche et le vent y guerroie ;
    La mare y fait ses trous, le sable en fait sa proie
    Et le peu qu’on lui laisse, elle le donne encor.

    En automne, jadis, nous avons vécu d’elle,
    De sa plaine et ses bois, de sa pluie et son ciel,
    Jusqu’en décembre où les anges de la Noël
    Traversaient sa légende avec leurs grands coups d’aile.

    Ton coeur s’y fit plus sûr, plus simple et plus humain ;
    Nous y avons aimé les gens des vieux villages,
    Et les femmes qui nous parlaient de leur grand âge
    Et de rouets déchus qu’avaient usés leurs mains.

    Notre calme maison dans la lande brumeuse
    Etait claire aux regards et facile à l’accueil,
    Son toit nous était cher et sa porte et son seuil
    Et son âtre noirci par la tourbe fumeuse.

    Quand la nuit étalait sa totale splendeur
    Sur l’innombrable et pâle et vaste somnolence,
    Nous y avons reçu des leçons du silence
    Dont notre âme jamais n’a oublié l’ardeur.

    A nous sentir plus seuls dans la plaine profonde
    Les aubes et les soirs pénétraient plus en nous ;
    Nos yeux étaient plus francs, nos coeurs étaient plus doux
    Et remplis jusqu’aux bords de la ferveur du monde.

    Nous trouvions le bonheur en ne l’exigeant pas,
    La tristesse des jours même nous était bonne
    Et le peu de soleil de cette fin d’automne
    Nous charmait d’autant plus qu’il semblait faible et las.

    La glycine est fanée, et morte est l’aubépine ;
    Mais voici la saison de la bruyère en fleur.
    Ressouviens-toi, ce soir, et laisse au vent frôleur
    T’apporter les parfums de la pauvre Campine.

    Emile Verhaeren, Les heures du soir

     

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    Bonjour à toutes et tous .
    Je vous souhaite un bon weekend .
    Passez aussi une bonne semaine .
    Prenez soin de vous .
    Avec toute mon amitié .
    Bisous du ♥

    La glycine est fanée et morte est l’aubépine

    La glycine est fanée et morte est l’aubépine ;
    Mais voici la saison de la bruyère en fleur
    Et par ce soir si calme et doux, le vent frôleur
    T’apporte les parfums de la pauvre Campine.

    Aime et respire-les, en songeant à son sort
    Sa terre est nue et rêche et le vent y guerroie ;
    La mare y fait ses trous, le sable en fait sa proie
    Et le peu qu’on lui laisse, elle le donne encor.

    En automne, jadis, nous avons vécu d’elle,
    De sa plaine et ses bois, de sa pluie et son ciel,
    Jusqu’en décembre où les anges de la Noël
    Traversaient sa légende avec leurs grands coups d’aile.

    Ton coeur s’y fit plus sûr, plus simple et plus humain ;
    Nous y avons aimé les gens des vieux villages,
    Et les femmes qui nous parlaient de leur grand âge
    Et de rouets déchus qu’avaient usés leurs mains.

    Notre calme maison dans la lande brumeuse
    Etait claire aux regards et facile à l’accueil,
    Son toit nous était cher et sa porte et son seuil
    Et son âtre noirci par la tourbe fumeuse.

    Quand la nuit étalait sa totale splendeur
    Sur l’innombrable et pâle et vaste somnolence,
    Nous y avons reçu des leçons du silence
    Dont notre âme jamais n’a oublié l’ardeur.

    A nous sentir plus seuls dans la plaine profonde
    Les aubes et les soirs pénétraient plus en nous ;
    Nos yeux étaient plus francs, nos coeurs étaient plus doux
    Et remplis jusqu’aux bords de la ferveur du monde.

    Nous trouvions le bonheur en ne l’exigeant pas,
    La tristesse des jours même nous était bonne
    Et le peu de soleil de cette fin d’automne
    Nous charmait d’autant plus qu’il semblait faible et las.

    La glycine est fanée, et morte est l’aubépine ;
    Mais voici la saison de la bruyère en fleur.
    Ressouviens-toi, ce soir, et laisse au vent frôleur
    T’apporter les parfums de la pauvre Campine.

    Emile Verhaeren, Les heures du soir

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     Josiane Harnay, correspondante locale pour Ouest-France à Guingamp, a écrit un poème après les attentats de Paris.
    POURQUOI………………..
    Ils étaient partis un soir...
    Jeunes, heureux, plein d'espoir
    Découvrir les vieilles rues, leur dédale
    Émerveillés dans cette capitale
    Qui pointe sa flèche si belle
    Et que l'on nomme Tour Eiffel
    D'autres étaient allés chanter
    Dans une salle pleine à craquer
    Salle mythique du Bataclan
    Où passait du rock hurlant.
    Quand soudain ils sont venus
    Comme des fous tirer dessus
    On ne savait qui ils étaient
    Pas plus que d'où ils sortaient
    De noir habillés, cagoulés
    Ils se sont mis à mitrailler
    Au nom de qui, au nom de quoi
    On ne comprend pas pourquoi
    IIs se revendiquent sauveurs
    Mais ne distillent que la terreur
    Sur nos enfants, la mort est tombée
    Leurs mains se sont refermées
    Leurs paupières se sont affaissées
    Leurs corps se sont recroquevillés
    De petites flammes illuminent le lendemain
    Ces trottoirs, ces terrasses qui ne sont que chagrin
    Si les prières sont vaines
    Elles peuvent rendre sereines
    Nos âmes alourdies par la peine
    Mais ce massacre ne nous terrassera pas
    Relevons la tête et refusons cela
    La Liberté sera plus forte
    Que cette violence à notre porte
    Restons unis, tendons nos mains
    Pensons à ceux morts pour rien
    Jeunesse qui ne demandait qu'à vivre
    Ce monde devient bateau ivre .


     

     

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    12 commentaires
  • Bonjour à vous tous
    Bon weekend et bonne semaine
    Mille doux bisous du ♥
     

    Pour ne pas oublier .
    Le dernier jour de guerre 14-18 a fait près de 11 000 tués, blessés ou disparus.
    L’armistice de 1918, signé le 11 novembre 1918 à 5 h 15, marque la fin des combats de la Première Guerre mondiale.

    Ce qui s'est passé hier
    peut ce reproduire demain
    Si nous l'oublions aujourd'hui !


    Voici une chanson de Moussu T e lei Jovents qui rend hommage aux « poilus ».

    Les paroles de la chanson :

    Trois prénoms qu’ils ont donnés à mon père,
    Comme un clin d’oe?il pour traverser le temps.
    Trois prénoms pour trois garçons ordinaires
    Pourtant tous morts avant d’avoir trente ans.
    Que pensaient-ils en embrassant la mère,
    Le matin où ils ont quitté leurs champs.
    Il faut de l’or pour rester à l’arrière,
    Ils vont au front, les fils de paysans.

    Paul, Émile et Henri,
    Non, la mort n’est jamais belle.
    Paul, Émile et Henri
    Verdun, la Somme ou bien Gallipoli.

    Je ne suis pas doué pour chanter l’enfer,
    C’est fait de boue, de vermine et de froid,
    C’est fait de cris et de coups de tonnerre
    Et de copains qui tombent autour de toi.
    Ici, la mort ne fait pas de manières,
    Elle en emporte cent à chaque fois,
    Pauvres garçons mélangés à la terre,
    Loin de chez eux, sans avoir su pourquoi.

     

     

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  • Novembre

    Les grands-routes tracent des croix
    A l’infini, à travers bois ;
    Les grands-routes tracent des croix lointaines
    A l’infini, à travers plaines ;
    Les grands-routes tracent des croix
    Dans l’air livide et froid,
    Où voyagent les vents déchevelés
    A l’infini, par les allées.

    Arbres et vents pareils aux pèlerins,
    Arbres tristes et fous où l’orage s’accroche,
    Arbres pareils au défilé de tous les saints,
    Au défilé de tous les morts
    Au son des cloches,

    Arbres qui combattez au Nord
    Et vents qui déchirez le monde,
    Ô vos luttes et vos sanglots et vos remords
    Se débattant et s’engouffrant dans les âmes profondes !

    Voici novembre assis auprès de l’âtre,
    Avec ses maigres doigts chauffés au feu ;
    Oh ! tous ces morts là-bas, sans feu ni lieu,
    Oh ! tous ces vents cognant les murs opiniâtres
    Et repoussés et rejetés
    Vers l’inconnu, de tous côtés.

    Oh ! tous ces noms de saints semés en litanies,
    Tous ces arbres, là-bas,
    Ces vocables de saints dont la monotonie
    S’allonge infiniment dans la mémoire ;
    Oh ! tous ces bras invocatoires
    Tous ces rameaux éperdument tendus
    Vers on ne sait quel christ aux horizons pendu.

    Voici novembre en son manteau grisâtre
    Qui se blottit de peur au fond de l’âtre
    Et dont les yeux soudain regardent,
    Par les carreaux cassés de la croisée,
    Les vents et les arbres se convulser
    Dans l’étendue effarante et blafarde,

    Les saints, les morts, les arbres et le vent,
    Oh l’identique et affolant cortège
    Qui tourne et tourne, au long des soirs de neige ;
    Les saints, les morts, les arbres et le vent,
    Dites comme ils se confondent dans la mémoire
    Quand les marteaux battants
    A coups de bonds dans les bourdons,
    Écartèlent leur deuil aux horizons,
    Du haut des tours imprécatoires.

    Et novembre, près de l’âtre qui flambe,
    Allume, avec des mains d’espoir, la lampe
    Qui brûlera, combien de soirs, l’hiver ;
    Et novembre si humblement supplie et pleure
    Pour attendrir le cœur mécanique des heures !

    Mais au dehors, voici toujours le ciel, couleur de fer,
    Voici les vents, les saints, les morts
    Et la procession profonde
    Des arbres fous et des branchages tords
    Qui voyagent de l’un à l’autre bout du monde.
    Voici les grands-routes comme des croix
    A l’infini parmi les plaines
    Les grands-routes et puis leurs croix lointaines
    A l’infini, sur les vallons et dans les bois !

    Emile Verhaeren, Les vignes de ma muraille

     

     

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