•  

    Mère

    C’est l’hiver et le noir décembre

    Gémit dans le bois attristé ;

    A la fenêtre de ta chambre

    Pend un vieux pampre dévasté;

    La bise qui gronde à ta porte

    Siffle autour de ton front charmant ;

    Sans songer aux fleurs qu’elle emporte,

    Pourquoi souris-tu si gaîment ?

     

    Oh ! dit-elle en levant la tête,

    Que me fait le temps triste ou beau !

    Tous mes jours sont des jours de fête.

    J’ai dans le coeur un chant d’oiseau.

     

    Mais du sein de la terre ouverte

    S’élèvent les blondes moissons;

    Vois la feuille odorante et verte

    Habiller rochers et maisons :

    Quant tout frémit, s’éveille et chante,

    Quand ta vitre brille au soleil,

    Pourquoi la gaîté rayonnante

    A-t-elle fui ton front vermeil ?

     

    Oh ! dit-elle en baissant la tête,

    Que me fait le temps triste ou beau !

    Comment saurais-je que c’est fête ?

    Mon coeur a perdu son oiseau.

     

    Ondine Valmore, 3 Novembre 1852

     

     

     

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  • Bonjour à toutes et tous .

    Je vous souhaite un bon weekend .

    Passez aussi une bonne semaine .

    Prenez soin de vous .

    Avec toute mon amitié .

    Bisous du ♥

    Mère

    C’est l’hiver et le noir décembre

    Gémit dans le bois attristé ;

    A la fenêtre de ta chambre

    Pend un vieux pampre dévasté;

    La bise qui gronde à ta porte

    Siffle autour de ton front charmant ;

    Sans songer aux fleurs qu’elle emporte,

    Pourquoi souris-tu si gaîment ?

     

    Oh ! dit-elle en levant la tête,

    Que me fait le temps triste ou beau !

    Tous mes jours sont des jours de fête.

    J’ai dans le coeur un chant d’oiseau.

     

    Mais du sein de la terre ouverte

    S’élèvent les blondes moissons;

    Vois la feuille odorante et verte

    Habiller rochers et maisons :

    Quant tout frémit, s’éveille et chante,

    Quand ta vitre brille au soleil,

    Pourquoi la gaîté rayonnante

    A-t-elle fui ton front vermeil ?

     

    Oh ! dit-elle en baissant la tête,

    Que me fait le temps triste ou beau !

    Comment saurais-je que c’est fête ?

    Mon coeur a perdu son oiseau.

     

    Ondine Valmore, 3 Novembre 1852

     

     

     

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  • HIVER 14

    Meschantes nuicts d’hyver

    Meschantes nuicts d’hyver, nuicts filles de Cocyte
    Que la terre engendra d’Encelade les seurs,
    Serpentes d’Alecton, et fureur des fureurs,
    N’aprochez de mon lict, ou bien tournez plus vitte.

    Que fait tant le soleil au gyron d’Amphytrite ?
    Leve toy, je languis accablé de douleurs,
    Mais ne pouvoir dormir c’est bien de mes malheurs
    Le plus grand, qui ma vie et chagrine et despite.

    Seize heures pour le moins je meur les yeux ouvers,
    Me tournant, me virant de droit et de travers,
    Sus l’un sus l’autre flanc je tempeste, je crie,

    Inquiet je ne puis en un lieu me tenir,
    J’appelle en vain le jour, et la mort je supplie,
    Mais elle fait la sourde, et ne veut pas venir.

    Pierre de Ronsard


     

     

     

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  • HIVER 14

    Bonjour à toutes et tous .
    Je vous souhaite un bon weekend .
    Passez aussi une bonne semaine .
    Prenez soin de vous .
    Avec toute mon amitié .
    Bisous du ♥

    HIVER 14

    Meschantes nuicts d’hyver

    Meschantes nuicts d’hyver, nuicts filles de Cocyte
    Que la terre engendra d’Encelade les seurs,
    Serpentes d’Alecton, et fureur des fureurs,
    N’aprochez de mon lict, ou bien tournez plus vitte.

    Que fait tant le soleil au gyron d’Amphytrite ?
    Leve toy, je languis accablé de douleurs,
    Mais ne pouvoir dormir c’est bien de mes malheurs
    Le plus grand, qui ma vie et chagrine et despite.

    Seize heures pour le moins je meur les yeux ouvers,
    Me tournant, me virant de droit et de travers,
    Sus l’un sus l’autre flanc je tempeste, je crie,

    Inquiet je ne puis en un lieu me tenir,
    J’appelle en vain le jour, et la mort je supplie,
    Mais elle fait la sourde, et ne veut pas venir.

    Pierre de Ronsard


     

     

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  • Nuit de neige

    La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
    Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
    Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
    Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

    Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
    L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
    Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
    Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

    La lune est large et pâle et semble se hâter.
    On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
    De son morne regard elle parcourt la terre,
    Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

    Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
    Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
    Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
    Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

    Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
    Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
    Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
    Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

    Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
    Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
    De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
    Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.

    Guy de Maupassant, Des vers


     

     

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