• Kit 9

    Kit 9

    La lampe d’Héro

    De son bonheur furtif lorsque malgré l’orage
    L’amant d’Héro courait s’enivrer loin du jour,
    Et dans la nuit tentait de gagner à la nage
    Le bord où l’attendait l’Amour,

    Une lampe envoyait, vigilante et fidèle ,
    En ce péril vers lui son rayon vacillant;
    On eût dit dans les deux quelque étoile immortelle
    Qui dévoilait son front tremblant.

    La mer a beau mugir et heurter ses rivages.
    Les vents au sein des airs déchaîner leur effort,
    Lés oiseaux effrayés pousser des cris sauvages .
    En voyant approcher la Mort ,

    Tant que du haut sommet de la tour solitaire
    Brille le signe aimé sur l’abîme en fureur,
    Il ne sentira point, le nageur téméraire,
    Défaillir son bras ni son cœur.

    Comme à l’heure sinistre où la mer en sa rage
    Menaçait d’engloutir cet enfant d’Abydos,
    Autour de nous dans l’ombre un éternel orage
    Fait gronder et bondir les flots.

    Remplissant l’air au loin de ses clameurs funèbres,
    Chaque vague en passant nous entr’ouvre un tombeau ;
    Dans les mêmes dangers et les mêmes ténèbres
    Nous avons le même flambeau.

    Le pâle et doux rayon tremble encor dans la brume.
    Le vent l’assaille en vain, vainement les flots sourds
    La dérobent parfois sous un voile d’écume,
    La clarté reparaît toujours.

    Et nous, les yeux levés vers la lueur lointaine.
    Nous fendons pleins d’espoir les vagues en courroux ;
    Au bord du gouffre ouvert la lumière incertaine
    Semble d’en haut veiller sur nous.

    O phare de l’Amour ! qui dans la nuit profonde
    Nous guides à travers les écueils d’ici-bas,
    Toi que nous voyons luire entre le ciel et l’onde.
    Lampe d’Héro, ne t’éteins pas !

    Louise Ackermann, Premières Poésies, 1871

     Sylvie Erwan 

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  • Kit 9

    Kit 9

    Bonjour à tous ♥️  
    C'est avec toute mon amitié
    que je viens vous souhaiter
    une bon week-end.
    une bonne semaine .
    Prenez soin de vous .
    Mille doux bisous du♥️

    Kit 9

    La lampe d’Héro

    De son bonheur furtif lorsque malgré l’orage
    L’amant d’Héro courait s’enivrer loin du jour,
    Et dans la nuit tentait de gagner à la nage
    Le bord où l’attendait l’Amour,

    Une lampe envoyait, vigilante et fidèle ,
    En ce péril vers lui son rayon vacillant;
    On eût dit dans les deux quelque étoile immortelle
    Qui dévoilait son front tremblant.

    La mer a beau mugir et heurter ses rivages.
    Les vents au sein des airs déchaîner leur effort,
    Lés oiseaux effrayés pousser des cris sauvages .
    En voyant approcher la Mort ,

    Tant que du haut sommet de la tour solitaire
    Brille le signe aimé sur l’abîme en fureur,
    Il ne sentira point, le nageur téméraire,
    Défaillir son bras ni son cœur.

    Comme à l’heure sinistre où la mer en sa rage
    Menaçait d’engloutir cet enfant d’Abydos,
    Autour de nous dans l’ombre un éternel orage
    Fait gronder et bondir les flots.

    Remplissant l’air au loin de ses clameurs funèbres,
    Chaque vague en passant nous entr’ouvre un tombeau ;
    Dans les mêmes dangers et les mêmes ténèbres
    Nous avons le même flambeau.

    Le pâle et doux rayon tremble encor dans la brume.
    Le vent l’assaille en vain, vainement les flots sourds
    La dérobent parfois sous un voile d’écume,
    La clarté reparaît toujours.

    Et nous, les yeux levés vers la lueur lointaine.
    Nous fendons pleins d’espoir les vagues en courroux ;
    Au bord du gouffre ouvert la lumière incertaine
    Semble d’en haut veiller sur nous.

    O phare de l’Amour ! qui dans la nuit profonde
    Nous guides à travers les écueils d’ici-bas,
    Toi que nous voyons luire entre le ciel et l’onde.
    Lampe d’Héro, ne t’éteins pas !

    Louise Ackermann, Premières Poésies, 1871

     Sylvie Erwan 

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  • Kit 8

    Kit 8

    La coupe du roi de Thulé

    Au vieux roi de Thulé sa maîtresse fidèle
    Avait fait en mourant don d’une coupe d’or,
    Unique souvenir qu’elle lui laissait d’elle,
    Cher et dernier trésor.

    Dans ce vase, présent d’une main adorée,
    Le pauvre amant dès lors but à chaque festin.
    La liqueur en passant par la coupe sacrée
    Prenait un goût divin.

    Et quand il y portait une lèvre attendrie,
    Débordant de son cœur et voilant son regard,
    Une larme humectait la paupière flétrie
    Du noble et doux vieillard.

    Il donna tous ses biens, sentant sa fin prochaine,
    Hormis toi, gage aimé de ses amours éteints ;
    Mais il n’attendit point que la Mort inhumaine
    T’arrachât de ses mains.

    Comme pour emporter une dernière ivresse.
    Il te vida d’un trait, étouffant ses sanglots,
    Puis, de son bras tremblant surmontant la faiblesse»
    Te lança dans les flots.

    D’un regard déjà trouble il te vit sous les ondes
    T’enfoncer lentement pour ne plus remonter :
    C’était tout le passé que dans les eaux profondes
    Il venait de jeter.

    Et son cœur, abîmé dans ses regrets suprêmes,
    Subit sans la sentir l’atteinte du trépas.
    En sa douleur ses yeux qui s’étaient clos d’eux-mêmes
    Ne se rouvrirent pas.

    Coupe des souvenirs, qu’une liqueur brûlante
    Sous notre lèvre avide emplissait jusqu’au bord,
    Qu’en nos derniers banquets d’une main défaillante
    Nous soulevons encor,

    Vase qui conservais la saveur immortelle
    De tout ce qui nous fit rêver, souffrir, aimer.
    L’œil qui t’a vu plonger sous la vague éternelle
    N’a plus qu’à se fermer.

    Louise Ackermann, Premières Poésies, 1871

     

    Sylvie Erwan 

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  • Kit 8

    Kit 8

    Bonjour à tous 
    C'est avec toute mon amitié
    que je viens vous souhaiter
    une bon week-end.
    une bonne semaine .
    Prenez soin de vous .
    Mille doux bisous du ♥

    Kit 8

    La coupe du roi de Thulé

    Au vieux roi de Thulé sa maîtresse fidèle
    Avait fait en mourant don d’une coupe d’or,
    Unique souvenir qu’elle lui laissait d’elle,
    Cher et dernier trésor.

    Dans ce vase, présent d’une main adorée,
    Le pauvre amant dès lors but à chaque festin.
    La liqueur en passant par la coupe sacrée
    Prenait un goût divin.

    Et quand il y portait une lèvre attendrie,
    Débordant de son cœur et voilant son regard,
    Une larme humectait la paupière flétrie
    Du noble et doux vieillard.

    Il donna tous ses biens, sentant sa fin prochaine,
    Hormis toi, gage aimé de ses amours éteints ;
    Mais il n’attendit point que la Mort inhumaine
    T’arrachât de ses mains.

    Comme pour emporter une dernière ivresse.
    Il te vida d’un trait, étouffant ses sanglots,
    Puis, de son bras tremblant surmontant la faiblesse»
    Te lança dans les flots.

    D’un regard déjà trouble il te vit sous les ondes
    T’enfoncer lentement pour ne plus remonter :
    C’était tout le passé que dans les eaux profondes
    Il venait de jeter.

    Et son cœur, abîmé dans ses regrets suprêmes,
    Subit sans la sentir l’atteinte du trépas.
    En sa douleur ses yeux qui s’étaient clos d’eux-mêmes
    Ne se rouvrirent pas.

    Coupe des souvenirs, qu’une liqueur brûlante
    Sous notre lèvre avide emplissait jusqu’au bord,
    Qu’en nos derniers banquets d’une main défaillante
    Nous soulevons encor,

    Vase qui conservais la saveur immortelle
    De tout ce qui nous fit rêver, souffrir, aimer.
    L’œil qui t’a vu plonger sous la vague éternelle
    N’a plus qu’à se fermer.

    Louise Ackermann, Premières Poésies, 1871

     

    Sylvie Erwan 

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  • Kit 7

    Kit 7


    La Belle au Bois dormant

    Une princesse, au fond des bois,
    A dormi cent ans autrefois,
    Oui, cent beaux ans, tout d’une traite.
    L’enfant, dans sa fraîche retraite,
    Laissait courir le temps léger.
    Tout sommeillait à l’entour d’elle :
    La brise n’eût pas de son aile
    Fait la moindre feuille bouger ;
    Le flot dormait sur le rivage ;
    L’oiseau, perdu dans le feuillage,
    Était sans voix et sans ébats ;
    Sur sa tige fragile et verte
    La rose restait entr’ouverte :
    Cent printemps ne l’effeuillaient pas !
    Le charme eût duré, je m’assure,
    À jamais, sans le fils du roi.
    Il pénétra dans cet endroit,
    Et découvrit par aventure
    Le trésor que Dieu lui gardait.
    Un baiser, bien vite, il dépose
    Sur la bouche qui, demi-close,
    Depuis un siècle l’attendait.
    La dame, confuse et vermeille,
    À cet inconnu qui l’éveille
    Sourit dans son étonnement.
    Ô surprise toujours la même !
    Sourire ému ! Baiser charmant !
    L’amour est l’éveilleur suprême,
    L’âme, la Belle au bois dormant.

    Louise Ackermann, Premières poésies, 1871

     

    Sylvie Erwan 

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