• Vieux Jardins

    ETE 1

     

    ETE 1


    Vieux Jardins

    Qui n’aime ces jardins des humbles dont les haies
    Sont de neige au printemps, puis s’empourprent de baies
    Que visite le merle à l’arrière-saison ;
    Où dort, couvert de mousse, un vieux pan de maison
    Qu’une vigne gaîment couronne de sa frise,
    Sous la fenêtre étroite et que le temps irise ;
    Où des touffes de buis d’âge immémorial
    Répandent leur parfum austère et cordial ;
    Où la vieillesse rend les groseilliers avares ;
    Jardinets mesurant à peine quelques ares,
    Mais si pleins de verdeurs et de destructions
    Qu’on y suivrait le fil des générations;
    Où près du tronc caduc et pourri qu’un ver fouille,
    Les cheveux allumés, l’enfant vermeil gazouille ;
    Où vers le banc verdi les bons vieillards tremblants
    Viennent, sur leur béquille appuyant leurs pas lents
    Et gardant la gaîté, – car leur âme presbyte
    Voit mieux les beaux lointains que la lumière habite, –
    D’un regard déjà lourd de l’éternel sommeil,
    Tout doucement sourire à leur dernier soleil ?

    Jules Breton, Jeanne Chant VI

     

     

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