• PAQUE 10

    PAQUE 10

     

    Conciliabule

    Trois lapins, dans le crépuscule,
    Tenaient un long conciliabule.
    Le premier montrait une étoile
    Qui montait sur un champ d'avoine.
    Les autres, pattes sur les yeux,
    La regardaient d'un air curieux.
    Puis tous trois, tête contre tête,
    Se parlaient d'une voix inquiète.
    Se posaient-ils, tout comme nous,
    Les mêmes questions sans réponse ?
    D'où venons-nous ?
    Où allons nous ?
    Que sommes-nous ?
    Pourquoi ces ronces
    Pourquoi avons-nous le cul blanc,
    Longues oreilles, longues dents ?
    Pourquoi notre nez tout le temps,
    Tremble-t-il comme feuille au vent ?
    Pourquoi l'ombre d'un laboureur
    Nous fait-elle toujours si peur ?
    Trois lapins dans le crépuscule
    Tenaient un long conciliabule.

    Et il aurait duré longtemps
    Encore si une grenouille
    N'avait plongé soudainement
    Dans l'eau de lune de l'étang.

    Maurice Carême


     

     

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  • 11

     

    3 petits lapins

    Trois lapins, dans le crépuscule,
    Tenaient un long conciliabule.
    Le premier montrait une étoile
    Qui montait sur un champ d'avoine.
    Les autres, pattes sur les yeux,
    La regardaient d'un air curieux.
    Puis tous trois, tête contre tête,
    Se parlaient d'une voix inquiète.
    Se posaient-ils, tout comme nous,
    Les mêmes questions sans réponse ?
    D'où venons-nous ?
    Où allons nous ?
    Que sommes-nous ?
    Pourquoi ces ronces
    Pourquoi dansons-nous le matin,
    Parmi la rosée et le thym ?
    Pourquoi avons-nous le cul blanc,
    Longues oreilles, longues dents ?
    Pourquoi notre nez tout le temps,
    Tremble-t-il comme feuille au vent ?
    Pourquoi l'ombre d'un laboureur
    Nous fait-elle toujours si peur ?
    Trois lapins dans le crépuscule
    Tenaient un long conciliabule.
    Et il aurait duré longtemps
    Encore si une grenouille
    N'avait plongé soudainement
    Dans l'eau de lune de l'étang.

    Maurice Carême

     

     

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  • PAQUE 6

     

    PAQUE 6


    Cloches de Pâques

    A Louis Tiercelin

    Voici les cloches revenues !
    Les Pâques ont sonné dans l'air,
    Et le printemps rit sur la mer
    Dans le sourire blond des nues.

    Voici venir par les chemins
    Les croyants, les porteurs de palmes;
    Ils ont la foi dans leurs yeux calmes,
    Et des rosaires dans les mains.

    Des couronnes de primevères
    Au front des Dieux morts vont fleurir;
    On entend des sèves courir
    Dans le granit des vieux calvaires.

    Des pécheurs ont vu, sur les eaux,
    Blanchir la robe du Doux Maître.
    Les enfants qui viennent de naître
    Ont bégayé dans leurs berceaux.

    Et, sous le porche de l'église,
    Les saints tressaillent, rajeunis
    De sentir éclore des nids
    Dans leurs manteaux en pierre grise.

    C'est fini des tristes hivers.
    Ces moissonneurs de choses mortes
    N'iront plus de portes en portes
    Geignant le cri des pilawers (*).

    Carillonnez Pâques fleuries !
    Voici les Temps, les Temps nouveaux !
    Déjà hennissent les chevaux
    Dans la liberté des prairies.

    Des souffles, de grands souffles fous,
    Traversent la mer Atlantique,
    Et la noble ivresse celtique
    A gonflé les sacs binious !

    (Anatole Le Braz)


     

     

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