• KIT HIVER 14

    KIT HIVER 14

    je me souviens

    c’était le solstice d’hiver, et la mer était haute,
    et sombre la lumière
    je me souviens des vagues s’enroulant sur la jetée,
    et des oiseaux de nuit
    de longs cheveux de varechs noirs, d’écumes grises
    et de l’horizon rouge
    je me souviens des couleurs de la nuit.

    Dans une brasserie de front de mer, au plus intime
    de la grande salle,
    ayant trouvé refuge, et heureux,
    je me souviens, et c’est le solstice d’hiver.
    Viennent alors sur nous de grands nuages, depuis les golfes cantabriques,
    la mer se met à crépiter
    je prends dans mes mains ton visage, et je te dis :
    « tu es heureuse »
    tu souris.

    Villebramar, décembre 2018

     

     

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  • HIVER 4 FAIT

    Soir d’hiver

    Ah ! comme la neige a neigé !
    Ma vitre est un jardin de givre.
    Ah ! comme la neige a neigé !
    Qu’est-ce que le spasme de vivre
    À la douleur que j’ai, que j’ai !

    Tous les étangs gisent gelés,
    Mon âme est noire : Où vis-je ? Où vais-je ?
    Tous ses espoirs gisent gelés :
    Je suis la nouvelle Norvège
    D’où les blonds ciels s’en sont allés.

    Pleurez, oiseaux de février,
    Au sinistre frisson des choses,
    Pleurez, oiseaux de février,
    Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
    Aux branches du genévrier.

    Ah ! comme la neige a neigé !
    Ma vitre est un jardin de givre.
    Ah ! comme la neige a neigé !
    Qu’est-ce que le spasme de vivre
    À tout l’ennui que j’ai, que j’ai !…

    Emile Nelligan
    Œuvres poétiques complètes I : Poésies complètes 1896-1941

     

     

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    KIT HIVER 12


    KIT HIVER 12

    Promenade blanche de vieille France

    L’écrasement de la neige sous les bottes
    Les branches cassées sur le chemin
    Le cliquetis régulier de quelques gouttes s’échappant des stalactites de glace
    Des flocons perdus aux quatre vents tombent des arbres aplatis
    Les cheminées dégagent des parfums de tarte de grand mère
    Les chalets chauds au pied des pentes raides ou s’étirent jusqu’au firmament les grands sapins
    Les luges qui glissent sans laisser place au silence de ce lieu la nuit
    Des cris de joie,
    Des boules de neige,
    Le ciel et ses nuages blancs
    Tout est ici comme l’enfance
    comme un voyage du temps jadis
    Tout est ici comme en vieille France
    Images d’Epinal, simplicité, absence, magie
    C’est la plus belle promenade blanche de ma vie

    Elodie Santos, 2008

     

     

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