• ETE 22

    ETE 22

    Chopin

    Chopin, mer de soupirs, de larmes, de sanglots
    Qu’un vol de papillons sans se poser traverse
    Jouant sur la tristesse ou dansant sur les flots.
    Rêve, aime, souffre, crie, apaise, charme ou berce,
    Toujours tu fais courir entre chaque douleur
    L’oubli vertigineux et doux de ton caprice
    Comme les papillons volent de fleur en fleur;
    De ton chagrin alors ta joie est la complice:
    L’ardeur du tourbillon accroit la soif des pleurs.
    De la lune et des eaux pale et doux camarade,
    Prince du désespoir ou grand seigneur trahi,
    Tu t’exaltes encore, plus beau d’être pâli,
    Du soleil inondant ta chambre de malade
    Qui pleure a lui sourire et souffre de le voir…
    Sourire du regret et larmes de l’Espoir!

    Marcel Proust, Les Plaisirs et les Jours, Portraits de peintres et de musiciens 1896

     

     

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  • ETE 21


     ETE 21

    Femmes musiciennes

    rives du lac Sebu
    des femmes musiciennes
    le chant de leurs luths
    une musique ancienne

    un imaginaire
    d’arbres et d’oiseaux
    de fées forestières
    sur Mindanao

    elles forgent le bronze
    inventent des colliers
    des brac’lets qui comblent
    leurs bras leurs poignets

    les journées d’averses
    en après midi
    leurs chansons s’adressent
    à l’esprit des pluies

    récolte du riz
    une célébration
    rythmes, mélodies
    aux coups des pilons

    s’agitent les parures
    le souffle des tambours
    tournent les ceintures
    les grelots autour

    Didier Venturini, Memento mori, 2017

     

     

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  • ETE 3


    ETE 3


    J’ai attrapé un chant d’oiseau

    J’ai attrapé un chant d’oiseau
    Et je l’ai mis dans ma guitare.
    Il en sort un refrain de paix
    Qui fait trêve de mes regrets.

    J’ai rapporté des verts coteaux
    Un peu de leurs parfums sauvages.
    J’ai rapporté couleurs de mai
    Et les ai mises en un bouquet.

    J’ai emporté dans mes voyages
    Et ta présence et ton visage.
    Et c’est comme un cadeau des cieux
    Car étant seul je suis à deux.

    Esther Granek, Portraits et chansons sans retouches, 1976

     

     

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