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    L’aile du papillon
    L’aile d’un papillon vient de frôler la joue
    Satinée comme un lys d’une belle dormeuse
    Assoupie au jardin. L’insecte bleu qui joue
    Offre à Angelina agitée et fiévreuse

    Un fort joli présent, car il l’a libérée,
    En l’effleurant tout doux, d’un pénible sommeil
    Hanté de cauchemars. Encor tourneboulée,
    Elle quitte en baillant son fauteuil au soleil

    Et gagne son bureau pour jouer sur l’ordinateur.
    Assommée par sa sieste et les mains hésitantes,
    Elle cherche, elle clique, elle erre et elle écrit,
    Sans trop savoir comment, un truc en dilettante ;

    Elle dicte au clavier du grand n’importe quoi,
    N’importe quelle option sur n’importe quel site,
    Tapant sans le vouloir l’adresse d’un… Benoît !
    C’est donc un papillon né dans les clématites

    Qui s’en vient par hasard de tout redessiner
    En deux destins humains… De la danse anarchique
    D’un insecte linotte un coup de foudre est né !
    Une rencontre issue d’étourderies magiques !

    Angelina, Benoît : tout de suite l’entente
    Pour un fort long amour fait de lait et de miel…
    L’insecte est reparti les ailes palpitantes,
    Jolie fleur azurée voletant dans le ciel.

    Après avoir changé la vie de ces deux êtres,
    Il s’en est retourné tout au fond du jardin
    Pour aller, le pauvret, errer dans les pyrèthres*,
    Enivré du parfum des roses et du thym…

    Pyrèthre : fleur naturellement insecticide.

     

     

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  • Villanelle

    En ce mois délicieux,
    Qu’amour toute chose incite,
    Un chacun à qui mieux mieux
    La douceur’ du temps imite,
    Mais une rigueur dépite
    Me fait pleurer mon malheur.
    Belle et franche Marguerite
    Pour vous j’ai cette douleur.
    Dedans votre oeil gracieux
    Toute douceur est écrite,
    Mais la douceur de vos yeux
    En amertume est confite,
    Souvent la couleuvre habite
    Dessous une belle fleur.
    Belle et franche Marguerite,
    Pour vous j’ai cette douleur.
    Or, puis que je deviens vieux,
    Et que rien ne me profite,
    Désespéré d’avoir mieux,
    Je m’en irai rendre ermite,
    Pour mieux pleurer mon malheur.
    Belle et franche Marguerite,
    Pour vous j’ai cette douleur.
    Mais si la faveur des Dieux
    Au bois vous avait conduite,
    Ou, d’espérer d’avoir mieux,
    Je m’en irai rendre ermite,
    Peut être que ma poursuite
    Vous ferait changer couleur.
    Belle et franche Marguerite
    Pour vous j’ai cette douleur.

    Joachim Du Bellay

     

     

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  • Bonne semaine à tous

    Bonne semaine à tous

     
    Vacances

    Tiède est le vent
    Chaud est le temps
    Fraîche est ta peau
    Doux, le moment

    Blanc est le pain
    Bleu est le ciel
    Rouge est le vin
    D’or est le miel

    Odeurs de mer
    Embruns, senteurs
    Parfums de terre
    D’algues, de fleurs

    Gai est ton rire
    Plaisant ton teint
    Bons, les chemins
    Pour nous conduire

    Lumière sans voile
    Jours à chanter
    Millions d’étoiles
    Nuits à danser

    Légers, nos dires
    Claires, nos voix
    Lourd, le désir
    Pesants, nos bras

    Tiède est le vent
    Chaud est le temps
    Fraîche est ta peau
    Doux, le moment

    Doux le moment…
    Doux le moment…

    Esther Granek, Ballades et réflexions à ma façon, 1978
     

     

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