• KIT AUTOMNE 11


    KIT AUTOMNE 11

    Automne

    Vois ce fruit, chaque jour plus tiède et plus vermeil,
    Se gonfler doucement aux regards du soleil !
    Sa sève, à chaque instant plus riche et plus féconde,
    L’emplit, on le dirait, de volupté profonde.

    Sous les feux d’un soleil invisible et puissant,
    Notre coeur est semblable à ce fruit mûrissant.
    De sucs plus abondants chaque jour il enivre,
    Et, maintenant mûri, il est heureux de vivre.

    L’automne vient : le fruit se vide et va tomber,
    Mais sa gaine est vivante et demande à germer.
    L’âge arrive, le coeur se referme en silence,
    Mais, pour l’été promis, il garde sa semence.

    Ondine Valmore

     

     

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  • KIT AUTOMNE 10

    KIT AUTOMNE 10

    Le jardin mouillé

    La croisée est ouverte; il pleut
    Comme minutieusement,
    À petit bruit et peu à peu,
    Sur le jardin frais et dormant.

    Feuille à feuille, la pluie éveille
    L'arbre poudreux qu'elle verdit;
    Au mur, on dirait que la treille
    S'étire d'un geste engourdi.

    L'herbe frémit, le gravier tiède
    Crépite et l'on croirait là-bas
    Entendre sur le sable et l'herbe
    Comme d'imperceptibles pas.

    Le jardin chuchote et tressaille,
    Furtif et confidentiel;
    L'averse semble maille à maille
    Tisser la terre avec le ciel.

    Il pleut, et les yeux clos, j'écoute,
    De toute sa pluie à la fois,
    Le jardin mouillé qui s'égoutte
    Dans l'ombre que j'ai faite en moi.
    Henri de Régnier

     

     

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  • En septembre

    Parmi la chaleur accablante
    Dont nous torréfia l’été,
    Voici se glisser, encor lente
    Et timide, à la vérité,

    Sur les eaux et parmi les feuilles,
    Jusque dans ta rue, ô Paris,
    La rue aride où tu t’endeuilles
    De tels parfums jamais taris,

    Pantin, Aubervilliers, prodige
    De la Chimie et de ses jeux,
    Voici venir la brise, dis-je,
    La brise aux sursauts courageux…

    La brise purificatrice
    Des langueurs morbides d’antan,
    La brise revendicatrice
    Qui dit à la peste : va-t’en !

    Et qui gourmande la paresse
    Du poëte et de l’ouvrier,
    Qui les encourage et les presse…
    Vive la brise ! il faut crier :

    Vive la brise, enfin, d’automne
    Après tous ces simouns d’enfer,
    La bonne brise qui nous donne
    Ce sain premier frisson d’hiver !

    Paul Verlaine


     

     

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