• La Brume

    La Brume

    La Brume

    La brume 

    Le Saint-Laurent, mordu par les souffles d'automne, S'exaspère. Partout sur le fleuve dément L'âme des bois brûlés flotte languissamment. Affolé, mon canot plonge dans l'eau gloutonne. Pas d'oiseaux. Aucun coup de fusil ne résonne. Le vaste et lourd brouillard, gris uniformément, De son opacité cache tout mouvement Et dans une caverne étrange m'emprisonne. Verdâtres, turbulents, accourus du chaos, Avec des bruits de haine autour de moi les flots Se dressent. On dirait la fureur d'une armée. Seul et domptant la voile où souffle un vent du nord Je me crois égaré dans quelque monde mort Sous l'irrémédiable ennui de la fumée. Alphonse Beauregard(1881-1924)

     

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :