• Caractéristiques de l'enfant dysphasique

    Caractéristiques de l'enfant dysphasique

    Quelle que soit le type de dysphasie, on observe généralement des difficultés à apprendre à écrire, les symptômes évoluant avec l'âge et les rééducations. Parallèlement les enfants dysphasiques apprennent à parler tardivement, ont du mal à s'exprimer et donc à se faire comprendre.
    Les enfants dysphasiques ne manifestent pourtant pas :
    de problèmes physiques (malformation des organes phonatoires, lésion cérébrale ou mauvaise audition) ;
    de manque d'intelligence ;
    de déficit sensoriel ;
    de troubles du comportement ;
    de carence affective.
    Comportement de l'enfant dysphasique
    Les attitudes de l'enfant dysphasique sont caractéristiques :
    Nourrissons silencieux (absence de babillements...).
    Les sons émis ne sont pas mélodieux.
    Pas de réaction aux bruits, à la voix.
    Au niveau de la communication avec les autres, les symptômes sont également reconnaissables :
    Aucune communication.
    Aucun intérêt pour les autres.
    Aucun contact avec le regard (regard évitant).
    Postures anormales.
    Les capacités cognitives de l'enfant permettent aussi de repérer une dysphasie :
    Passivité.
    Aucune attirance pour les jeux.
    Troubles du comportement.
    Développement retardé.
    Dysphasie et développement du langage chez l'enfant
    Le développement du langage est en conséquence altéré. Le tableau ci-dessous détaille les comportements significatifs d'un enfant dysphasique selon les âges.

    Trouble de la communication
    Quand ? Généralement, apparition des symptômes :
    entre 2 et 4 ans ;
    à l'âge adulte suite à un traumatisme.
    Pourquoi ?
    Hérédité.
    Défaillance du système nerveux.
    Conséquence d'un choc physique ou émotionnel.
    Facteurs aggravants
    Facteurs psychologiques (peur, gène, manque de confiance en soi...).
    Appréhension de prononcer certains mots, peur de bégayer.
    Agressivité due à la frustration de ne pas parvenir à se faire comprendre.
    Trouble psychoaffectif, en réaction au manque de compréhension des difficultés de la dysphasie par l'environnement.

    Si l'enfant parle, d'une manière générale :
    Son discours peut être décalé : il ne répond pas à la question.
    Il peut présenter une logorrhée : besoin constant de parler.
    Il peut présenter une écholalie : répétition des derniers mots prononcés par l'interlocuteur.
    Diagnostic de dysphasie

    Le diagnostic ne peut être posé qu'après :
    une consultation médicale permettant d'écarter d'autres pathologies (maladies neurologiques notamment) ;
    un bilan orthophonique ;
    un bilan psychométrique ;
    un entretien avec la famille, qui fournit des informations précieuses sur le comportement quotidien et exceptionnel du dysphasique.
    Des examens complémentaires sont indispensables pour s'assurer qu'il s'agit bien d'un trouble primaire (c'est à dire qu'il ne découle pas d'un autre trouble tel qu'une déficience intellectuelle par exemple).
    De plus, l'orthophoniste doit vérifier que les difficultés de l'enfant malgré l'action menée.
    Prise en charge des dysphasiques

    Si l'enfant présente certains signes pouvant faire supposer une dysphasie, son médecin généraliste l'orientera vers un orthophoniste.
    Avant 4 ans
    Une consultation avant l'âge de 4 ans ne sera pas très concluante, car l'enfant est alors toujours en période d'évolution. Cependant l'enfant pourra être considéré comme un sujet présentant des risques d'incapacité langagière et/ou des troubles persistants du langage.
    Les parents seront alors guidés et conseillés par l'orthophoniste afin de favoriser le développement du langage de leur enfant.
    Après 4 ans
    Après 4 ans, l'orthophoniste effectue un bilan du développement langagier. Il détermine ainsi la nature des difficultés de l'enfant. La rééducation orthophonique est dans tous les cas indispensable, et outre le fait qu'elle doit être précoce, elle doit aussi être intensive (c'est-à-dire au moins trois séances par semaine).
    Il pourra, de même, conseiller une consultation chez un psychologue ou un ergothérapeute, qui pourront peut-être répondre à d'autres besoins de l'enfant.
    Si la dysphasie est avérée, il faudra également orienter l'enfant et les parents vers des centres et des éducateurs spécialisés.

    Au quotidien
    Il est important de faire en sorte de développer le plus possible les compétences de l'enfant. Cela passe par mettre l'accent sur :
    les activités de groupe ;
    les activités artistiques (création, expression corporelle, jeux de rôle, etc.) ;
    les exercices destinés à faire progresser l'orientation spatiale et les notions de temps (chronologie) ;
    la valorisation des réussites et l'encouragement des efforts.
    À l'école
    En milieu scolaire, l'enseignant fait en sorte, au maximum :
    de se placer en face de l'enfant ;
    de s'adresser directement à lui en essayant d'adapter son langage (il s'agit d'utiliser un discours minimal mais efficace, par exemple poser des questions simples ne comportant qu'une seule information) ;
    de lui laisser le temps de comprendre, ce qui suppose de :
    parler plus lentement ;
    bien articuler et séparer les mots ;
    reformuler au besoin ;
    décomposer les énoncés complexes et les consignes.
    d'utiliser des gestes, des illustrations, des schémas (notamment pour les notions abstraites ou spatio-temporelles) ;
    d'éviter l'humour et les métaphores ;
    dans la mesure du possible, de sélectionner des thèmes susceptibles de l'intéresser ;
    de proposer des activités d'apprentissage ludiques.
    Dans l'idéal, il faudrait pouvoir mettre en place des codes de couleur ou des repères permettant à l'enfant de mieux comprendre et de développer ses capacités.
    Tout ce travail doit être fait en collaboration avec l'orthophoniste qui suit l'enfant.
    À noter : cette approche est difficilement réalisable dans une classe où les élèves sont nombreux et avec des programmes scolaires chargés.
    Prise en charge complémentaire de la dysphasie

    Il est également possible d'avoir recours à des thérapies complémentaires dans le cadre de la dysphasie. En effet, plusieurs études ont prouvé que l'apprentissage du langage faisait simultanément appel à plusieurs sens :
    audition : sons perçus ;
    vision : mouvements des lèvres ;
    toucher : mouvement et contact de la langue et des lèvres.
    L'apprentissage du langage nécessite donc une synchronisation spatio-temporelle, de manière à faire le lien entre ce que l'on sent (via nos organes des sens) et ce que l'on observe et entend. Ce n'est que lorsque cet ensemble d'informations est cohérent et que le cerveau est capable d'interpréter le langage que l'apprentissage se fait.
    Ainsi, une thérapie mettant l'accent sur la perception spatio-corporelle aidera grandement les patients dysphasiques, dans la mesure où ceux-ci présentent des troubles de la motricité fine et/ou une dyspraxie. Les thérapies les plus appropriées sont donc l'ostéopathie et la kinésiologie. L'une comme l'autre sont capables de réaliser un traitement proprioceptif et une reprogrammation posturale, en cas de whiplash injury notamment.
    Au final, ces approches permettront de restaurer le lien que l'enfant peut faire entre ce qu'il perçoit de son environnement et ses propres perceptions corporelles, Elles sont donc très complémentaires d'une prise en charge orthophonique plus classique.


      

     

     

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